Crois-moi ma belle, j’en ai rêvé de ton maillot bleu aux flancs noirs. Je te revois encore, fière sous ton chapeau de paille, à me regarder te titiller de l’objectif. Tu joues les timides, hésites à lever la main, tu me demandes d’arrêter. Mais tu sais que tu es belle et que je ne peux pas le faire, j’agirais en crime. Tu sais que tu es belle dans ce maillot sur fond de roches. Tu sais que tu es belle et n’ose le répéter, je suis belle, et moi gros cafard, je ne dis rien, je continue à te poursuivre avec mes lentilles distillées. Je ne vois que toi sur l’azur du lac.
Dans tes lunettes noires se reflètent les fleurs de ton maillot bleu, aux flancs noirs. Je me souviens de cet après-midi discret, en terrasse du cocktail bar de l’hôtel où nous jouions les adolescents. Toi dans ton maillot interdit, moi et mes envies d’abrutis. On s’était cachés derrière deux buissons d’aubépine, avant de courir effarouchés sur les galets marrons chauds du cocktail bar de la plage. Je t’offris le mojito de l’envie, que tu rejetas pour mon bloody mary.
Crois-moi, Meri, jamais été ne fut si sanglant que celui de ton maillot noir, aux flancs bleux de fleurs d’aubépine.



