L’histoire du gamin dans la savane de ses parents chauves. L’histoire du gamin dans la savane de ses parents chauves se termine toujours par un menu malingre, quelque part dans un bled paumé du Sénégal, sur les routes du Golfe que les Juifs de là-bas ont oublié de fermer par temps clair. L’histoire du gamin dans la savane ne plaît pas à ses parents, leur fait perdre les cheveux chauves et gratter le crâne jusqu’au sang. Ensuite viennent les croûtes au sang perdu que le gamin sème pour ne pas se perdre dans la savane de ses parents chauves. L’histoire du gamin dans la savane de ses parents chauves ne commence pas mal, au contraire, et on pourra dire un jour que le début de l’histoire de ce gamin, dans la savane de ses parents chauves, débuta par une malformation crânienne qu’aucun chirurgien, pourtant, n’aurait pu déceler. L’histoire du gamin dans la savane de ses parents chauves n’a rien à voir avec celle du gamin pied bot du Kilimanjaro. L’histoire du gamin dans la savane de ses parents chauves est une histoire sans début ni fin réels, une histoire de gamin perdu, dans la savane de ses parents chauves, que chacun se raconte en marchant dans les rues à quête du gamin égaré sur un bout de trottoir. C’est l’histoire d’un gamin, celui perdu, dans la savane de ses parents chauves, qu’on perd à chaque pas de rue, qu’on oublie à chaque porte fermée, et qu’on habite derrière les ardoises de nos fronts. C’est l’histoire de ce gamin, qu’on a dans nos savanes à nous, tout enfermé qu’il est, dans nos savanes à nous, pauvres parents chauves d’un gamin perdu dans nos savanes à nous parents pauvres, peuls et pauvres, et chauves et chauvins échaudés des savanes anonymes. Un gamin chauve qui se crée sa savane à lui, pour le petit du voisin, chauve apeuré des cris chauves de parents peuls et pauvres. Un cri peul et pauvre de gamin gaminé, dans la savane du voisin, qui a perdu ses croûtes de Poucet chauve, et oublié les fronts secs de ses parents chauves et chauvins, d’un Sénégal à l’Est et du sel de son sang symbolique.



